Renaissance
Après deux années difficiles à tenter de refaire sa vie à Caracas, Henri Charrière décide en 1948 de tenter sa chance à Maracaibo, ville importante située à la frontière colombienne, et qui se développe très rapidement par l’industrie du pétrole.
Il se fait engager rapidement comme guide pour les expéditions géologiques d’une compagnie pétrolière américaine : La Richmond Exploration Company.
C’est peu de temps après qu’il fait la connaissance de celle qui deviendra sa compagne : Rita BEN SIMON .
Rita BEN SIMON
Cette petite femme dynamique est arrivée au Venezuela peu de temps avant et dans des conditions épouvantables.
Suite à une faillite, elle a dû, avec son mari, quitter le Maroc de façon clandestine.
La traversée de l’océan sur un rafiot de fortune est une épopée cauchemardesque où elle risque plusieurs fois la vie.
Le couple Alcover s’installe à Maracaibo pour y tenir un petit hôtel dénommé « Le Véracruz », avant qu’il ne se sépare rapidement.
Rita est donc seule à tenir l’établissement dans une ville en pleine expansion, soumise à tous les trafics et réputée très dangereuse.
Henri s’installe très vite avec Rita, et quitte son emploi de guide quelque temps plus tard pour tenir l’hôtel avec sa nouvelle compagne.
Ce nouveau couple très amoureux va bien s’entendre et aura notamment le sens des affaires.
Le "VERACRUZ"
Le « Véracruz » devient vite un hôtel- restaurant reconnu pour la qualité de son accueil et de sa cuisine.
Il devient aussi le lieu de passage obligé des Français.
Pourtant, malgré sa renommée, les affaires ne sont pas toujours florissantes, notamment parce qu’Henri développe comme jamais ses qualités d’hospitalité et de générosité, recevant de nombreux clients qui ne peuvent régler,
comme l’aventurier Georges Arnaud par exemple, auteur du « Salaire de la peur », qui sera hébergé gracieusement au « Véracruz » en 1949.
En 1953, l’hôtel est finalement payé.
Rita et Henri décident de poursuivre l’aventure à Caracas.
Mais que de chemin parcouru depuis 5 ans !
Maracaibo est bien la ville qui a vu la transformation de cet ancien bagnard en commerçant respecté.
Premiers salaires, premier commerce, nouvelle vie amoureuse.
Henri et Rita dans le patio du Veracruz
Et c’est aussi la période où Henri renoue doucement avec les siens par un voyage extraordinaire de Rita en France et en Ardèche, où il retrouve aussi la trace de son ami Guibert- Germain, actuellement en Indochine,
avec qui il correspond à nouveau par courrier.
Cette période qui s’achève, d’une richesse inouïe sur le plan personnel, est celle des promesses tenues, des paris gagnés sur la vie, de l’affirmation de soi.
Sans doute ne dira t-on jamais assez l’influence très positive de Rita sur Henri.
Mort il y a bien des années par le décès de sa mère, c’est par sa nouvelle compagne et par l’amour qu’elle lui porte, qu’il va se réinsérer à la société et à son nouveau pays, qu’il va simplement retrouver le goût du bonheur.